Mathieu NIRASCOU 1er au Concours National du jeune Arbitre

1 juillet 2016 - 17:58

Mathieu NIRASCOU 1er au Concours National du Jeune Arbitre

Le concours National du jeune arbitre rassemble les jeunes espoirs nationaux de l’arbitrage français. Cette année 7 Midi pyrénéens ont été présentés et ils ont tous été reçus. Pour la première fois depuis le début de son existence c’est un Ariègeois qui a fini premier, Mathieu NIRASCOU, ancien joueur de l’US Haut Salat et aujourd’hui arbitre. Il est désormais arbitre Fédéral Midi-Pyrénées grâce à ce concours National du jeune arbitre en finissant 1er sur 36 candidats au départ et se prête gentiment au jeu des questions/réponses avec nous.

Comment êtes-vous venu à l’arbitrage ?

               L’arbitrage, j’ai commencé à m’en approcher au lycée en arbitrant des matchs UNSS, mais c’était surtout un moyen d’aborder le  rugby autrement. Ensuite, je me suis vraiment lancé lorsqu’il a été obligatoire pour les clubs d’avoir au moins un arbitre officiel licencié selon la charte de l’arbitrage. 

L’arbitrage et le jeu sont-ils compatibles ?

               A une certaine échelle je pense que oui, car la connaissance du jeu aide énormément dans l’arbitrage et la réciproque est d’autant plus vraie. Mais lorsqu’on évolue et qu’on doit arbitrer des matchs seniors on se retrouve très souvent dans l’impossibilité de faire les deux vu que les matchs sont en même temps. Il faut donc choisir entre « je joue mais j’oublie toute évolution dans l’arbitrage » et « j’arbitre mais je ne peux plus jouer ».   

               Mais ne plus  jouer ne signifie pas couper les ponts avec son club, car on peut faire plein de choses pour rester proche du collectif sans être joueur.

En ce qui me concerne la décision est prise, j’arrête de jouer. 

Comment s’est déroulé le concours national du jeune arbitre ?

               Ce concours se déroule en deux parties : un écrit et un oral noté chacun sur 100 points

L’écrit est constitué de 5 parties : une partie règle pure où il faut écrire des définitions comme elles sont inscrites dans la règle (mot pour mot), la deuxième est axée sur un thème (la mêlée, la touche, le hors-jeu…) où nous devons répondre à des questions qui peuvent toucher le moindre petit détail du thème abordé, la troisième partie s’intéresse à la connaissance du jeu (d’un point de vue joueur/entraineur), la quatrième partie fait elle référence au côté administratif de l’arbitrage et pour finir nous devons rédiger deux rapports en fonction de deux vidéos d’action devant être sanctionnées par un ou plusieurs carton rouge. Les 12 meilleurs nationaux de l’écrit sont sélectionnés pour se présenter à l’oral la saison suivante.

               L’oral se compose d’une partie vidéo où on visionne 10 séquences extraites de différents matchs et nous devons répondre rapidement pour chacune d’elles à deux questions : « qu’est-ce que j’observe ? » et « quelle est ma décision ? ». Ensuite on passe un entretien avec un ancien arbitre professionnel qui nous passe différents cas vidéo que nous commentons et il nous pose des questions en fonction de ce que l’on dit afin de vérifier notre connaissance de la règle. Pour finir nous tirons au sort un sujet sur la connaissance du jeu que nous préparons pendant 15 min avant de le développer à l’oral devant un CRT (Conseiller Rugby Territorial) durant 15min. Pour vous donner un exemple mon sujet était : Pourquoi avancer est un principe fondamental du rugby ? 

Qui vous a préparé en amont et comment avez-vous travaillé ?

               J’ai travaillé en amont avec Frédérick DEDIEU qui m’a fait apprendre la règle par-cœur avant l’écrit sur une période de 5 mois avant l’épreuve : 2 séances par mois sur les 3 premiers mois et 1 séance hebdomadaire lors des 2 derniers mois. Des examens blancs sont réalisés en parallèle.

               Pour l’oral, nous avons commencé 4 mois avant l’épreuve avec des séances par thème avec un rappel de la règle mais surtout beaucoup d’études et de discussion autour de cas vidéo à raison d’une quinzaine de séances sur cette période. J’ai aussi effectué deux séances de perfectionnement de la connaissance du jeu avec Cédric MARCHAT durant le mois avant l’oral. 

Aujourd’hui que vous apporte le groupe développement Midi-Pyrénées (couveuse de jeunes espoirs pyrénéens) ?

               Le groupe développement m’apporte beaucoup de choses, tout d’abord, il me permet de bien progresser grâce au coaching et notamment à l’étude des vidéos de mes matchs. Ensuite, les interventions qui nous ont été proposées cette saison permettent d’approfondir énormément la notion d’arbitre et d’arbitrage qui ne s’arrête pas simplement à la règle. Ce groupe permet aussi de vivre une expérience humaine très riche basée sur beaucoup de bons moments passés ensemble, d’échanges sur nos doutes, nos différentes expériences qui nous permettent de progresser. Même si nous sommes plus ou moins en concurrence pour des places en Fédérale, le combat reste loyal ce qui constitue une de nos plus grandes forces. 

Qu’attendez-vous de l’arbitrage à court terme ?

               À court terme, j’espère que l’arbitrage va continuer à me faire vivre de bons moments, qu’il me fasse pourquoi pas un peu voyager hors du comité et surtout continuer à progresser… 

Où vous voyez vous dans 10 ans ?

               Dans 10 ans ? Je me vois vivre et travailler dans le Couserans si cette belle région n’est pas encore devenue une réserve naturelle, certainement continuer à filer un coup de main de près ou de loin au fonctionnement de l’US Haut Salat. Et très certainement continuer à arbitrer mais pour vous dire à quel niveau seul l’avenir nous le dira… Il peut se passer tellement de choses en 10 ans…Mon objectif est tout de même de gravir les marches au niveau Fédéral sans brûler les étapes. 

Avez-vous quelque chose à rajouter ?

               Je souhaite remercier tous les gens qui ont cru en moi pour ce concours, Jean Marc, Fred, Cédric et tous les copains du groupe développement.

               Mais je voudrais surtout dire que certes je sors d’une très belle saison mais le plus compliqué reste à venir et la victoire à ce concours sera significative uniquement si elle est vérifiée sur le terrain, car dans ce sport seul le terrain à vraiment raison.

publié par
CD Rugby09

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